
Jean Rolin
Écrivain voyageur du réel, Jean Rolin explore les marges du monde avec une plume mêlant précision journalistique et regard poétique.

L’auteur
Journaliste de formation, Jean Rolin publie des livres depuis plus de trente ans et a aussi collaboré à plusieurs journaux tels que Libération, Géo et Le Figaro. Fils de médecin militaire, né en 1949 à Boulogne-Billancourt, cet ancien militant maoïste, aujourd’hui auteur d’une quinzaine d’ouvrages, est un écrivain atypique.
De la Somalie à la Bosnie, de la banlieue parisienne à l’Asie, de l’Afrique du Sud aux États-Unis, il a arpenté le monde, en long, en large et en travers. Tour à tour qualifié d’écrivain d’ici et d’ailleurs - d’écrivain des pourtours - de curieux, de vagabond, de chroniqueur de l’inconfort, Jean Rolin passe pour être un fin observateur de la condition humaine et un amateur de zones dites « incertaines », à savoir les terrains vagues, le périphérique parisien, les rails tanzaniens, les villages en ruines de Bosnie, la frontière belge, les ports industriels français… Ses récits - peut-on vraiment parler de romans quand rien de ce qu’il raconte ne sort vraiment de son imagination ? - s’inspirent de celles et ceux qui ont croisé sa route un jour ou l’autre...
📸 © Hélène Bamberger
Retrouver Jean Rolin pendant le festival :
- Table ronde « Passer la frontière » samedi 24 mai 16h30, avec Hajar Azell, Frank Pavloff et Raphaël Krafft.
- « Salon de lecture », dimanche 25 mai à 15h.
Tous passaient sans effroi
Le titre du livre est emprunté à un vers d’un célèbre poème d’Alfred de Vigny (Le Cor) évoquant la Chanson de Roland et le passage des armées de Charlemagne par les cols pyrénéens. Le franchissement des Pyrénées, entre l’Ariège et Banyuls, il en est bien question ici. Le narrateur part sur les chemins empruntés, durant les années de guerre en 40-45, il y a déjà quatre-vingts ans, par des aviateurs alliés, des réfractaires au STO, des résistants et des Juifs pour gagner l’Espagne, et, de là, la France libre. Multiples histoires d’évasion dont Jean Rolin suit et croise les fils, qui finissent par former un puzzle historique, personnel et narratif captivant.
Note de lecture
Tous passaient sans effroi
Jean Rolin
P.O.L, 2025
« C’est lentement, page après page, que toute l’ironie du titre du dernier livre de Jean Rolin, Tous passaient sans effroi, un vers de Vigny, le Cor, chantant la geste de Roland, se goûte.Provoqué par la lecture du livre de Gérard Guégan, Fraenkel, Un éclair dans la nuit (L’Olivier, 2021), Jean Rolin part alors sur les traces innombrables mais fragiles, de celles et ceux qui toujours au risque de leur vie, franchirent les Pyrénées pour fuir l’occupation de l’armée allemande et la terreur nazie pendant la Seconde Guerre mondiale.Avec un art consommé, l’auteur mêle dans ce livre les récits comiques de ses propres tentatives pour suivre les chemins des « évadés de France », à ceux, souvent tragiques, de tant d’anonymes et de figures illustres, de Walter Benjamin à Chuck Yeager, qu’il nous restitue après enquête, avec les scrupules d’un chartiste.Sur les chemins de hasard et tellement tortueux que ce « roman sans fiction » révèle, les traîtres, les tricheurs ou les tueurs sont nombreux. Mais, dans la grisaille des temps et de la mémoire, perce parfois l’éclat « d’une nuance de jaune, à mi-chemin de la jonquille et du bouton d’or », qui vous insuffle « l’ardeur de poursuivre ».« Toi qui chemine, il n’y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant. »
E. M. Tosolini