
Peut-on encore résister et gagner ?
L’exemple de la lutte contre les Gaz de schiste à Barjac. Dix ans après la victoire, cette rencontre interroge l’héritage des mobilisations citoyennes. Évocation en images de la lutte avec Pierre Chante, suivi d’un débat avec Édouard Chaulet, Michel Gasarian et Salomé Saqué.
La ruée vers les sous-sols
Dès 2010, des permis d’exploration gaziers et pétroliers sont discrètement accordés à des compagnies françaises et américaines — Total, Schuepbach — sur près de 10 000 km² autour des Cévennes. Sans consultation des populations, sans débat public, des territoires ruraux découvrent du jour au lendemain que leur sous-sol pourrait être foré par fracturation hydraulique. Le 19 janvier 2011, le gouvernement Sarkozy signe une ordonnance modifiant le code minier, qui officialise et amplifie cette logique d’exploitation. Plus de 180 collectifs citoyens se constituent alors en France.
La lutte contre le gaz de schiste en Cévennes
La réponse est immédiate et massive. En quelques semaines, la mobilisation jaillit dans les Cévennes, s’étend du Larzac à la Provence, remonte jusqu’en Île-de-France. Puissante et familiale, déterminée et festive, elle rassemble élus de tous bords, agriculteurs, habitants — une unité politique et populaire rare. Le 28 février 2016, 15 000 personnes convergent vers Barjac. L’année suivante, la loi Hulot abroge tous les permis de recherche dans les départements concernés. Une victoire citoyenne.
Quel héritage pour cette résistance victorieuse ?
C’est cet anniversaire que le Festival a choisi de commémorer et d’interroger. Au programme : une évocation en images de la lutte par Pierre Chante, témoin et acteur de cette mobilisation, suivie d’un débat autour d’une question simple et ouverte — peut-on encore résister et gagner aujourd’hui ? Édouard Chaulet, maire de Barjac au moment de la lutte, Michel Gasarian, photographe mobilisé sur le terrain, et Salomé Saqué, journaliste spécialiste de l’engagement citoyen et de l’urgence climatique, confrontent leurs regards : entre mémoire d’une victoire collective et réalités de l’activisme contemporain.

