Littérature et résistances

Face à l’extrémisme, à la désinformation et à la fatigue démocratique, la littérature conserve-t-elle un pouvoir de résistance réelle ? Rencontre d’auteurs animée par Éric-Michel Tosolini et Bruno Michel. Avec Rachid Benzine, Javad Djavahery et Benjamin Fogel.


agenda
  • # Samedi 30 mai de 15h00 à 16h00

    Littérature et résistances

    Salle de la cheminée

    Face à l’extrémisme, à la désinformation et à la fatigue démocratique, la littérature conserve-t-elle un pouvoir de résistance réelle ? Rencontre d’auteurs animée par Éric-Michel Tosolini et Bruno Michel. Avec Rachid Benzine, Javad Djavahery et Benjamin Fogel.

Rencontre

Rachid Benzine

JPEG - 730.5 kio Né en 1971 à Kénitra au Maroc, Rachid Benzine arrive en France à l’âge de sept ans. Islamologue et politologue, il enseigne à Sciences Po et consacre une partie de son travail au dialogue entre les cultures et les religions. Romancier reconnu, il fait dialoguer dans ses livres pensée, littérature et expérience de l’exil, explorant avec une langue sobre et précise la mémoire, la transmission et la dignité humaine face à la violence du monde. Retrouvez sa biographie complète et la présentation de son livre sur la page que nous lui consacrons.

Javad Djavahery

Javad Djavahery Né en Iran en 1962, Javad Djavahery quitte son pays à vingt ans pour se réfugier en France. Pendant plusieurs années, il vit dans la peau d’un réfugié politique, ne voulant rien posséder qui ne puisse se loger dans une valise. Il se dit né une première fois en Iran, et une deuxième fois à Rennes, sa ville d’adoption. Il n’est plus retourné en Iran depuis — « grâce à quoi, dit-il, je peux préserver dans ma mémoire les images d’un pays qui n’existe plus ». Oscillant entre littérature et cinéma, il a produit plusieurs films et collaboré à l’écriture de scénarios dont Red Rose (réal. Sepideh Farsi). Écrivain bilingue, il publie deux recueils de nouvelles en persan, puis Soupir de l’Ange (Éditions de l’Aube, 2003), Ma part d’elle (Gallimard, 2017) et L’Ayatollah aimait sa femme plus que Dieu (Gallimard, 2026).

L’Ayatollah aimait sa femme plus que Dieu (Gallimard, Collection Blanche, 2026)

L'Ayatollah aimait sa femme plus que Dieu À quinze ans à peine, Maryam est la veuve la plus jeune, la plus intrépide et la plus irrésistible qu’il ait été donné d’héberger à Sayed Issah, mollah respecté de Nadjaf, haut lieu de l’islam chiite. Il finit par l’épouser, sous l’œil complice de Khanoum, sa première épouse. Mais face à l’appétit insatiable de Maryam pour le savoir, les nuits qu’il espérait vouer à l’amour sont désormais consacrées à l’étude — amenant le saint homme à braver l’autorité de ses pairs. Des années plus tard, Maryam, devenue Dâ, grand-mère centenaire et fantasque, disparaît. Toute la famille se réunit pour la retrouver, et les recherches deviennent l’occasion d’explorer les secrets anciens qui façonnent les mythes familiaux et le destin de l’Iran. Un roman puissant, teinté d’humour, qui déploie, dans la tradition du conte oriental, l’histoire d’un pays et son entrée brutale dans la modernité.

Benjamin Fogel

Benjamin Fogel Né en 1981 à Paris, Benjamin Fogel est écrivain et éditeur. Il dirige Playlist Society, maison d’édition qui publie depuis 2015 des essais sur la pop culture. En 2019 paraît sa première œuvre de fiction, La Transparence selon Irina (Payot & Rivages), roman qui se déroule en 2058, dans un monde où la transparence des données en ligne est devenue la norme. Deux ans plus tard, Le Silence selon Manon prolonge la réflexion, consacré à la transparence comme système politique, mariant roman noir et fiction d’anticipation. L’Absence selon Camille, dernier tome de la trilogie paru en 2024, pousse ces thématiques dans leurs limites, à travers la révélation d’un scandale d’État et l’ascension de l’extrême droite. Une œuvre influencée par Alain Damasio, qui interroge les questions d’identité, de quête de sens, de contrôle et de réseaux sociaux.

Les Évadés du convoi 53 (Payot & Rivages, 2026)
Les Évadés du convoi 53 Mars 1943. Le convoi 53 quitte Drancy. À son bord, plus de mille Juifs déportés vers le camp d’extermination de Sobibór, en Pologne. Treize d’entre eux vont tenter le tout pour le tout afin d’échapper à la mort. Ce roman retrace une histoire vraie — celle de Paul Fogel, le grand-père de l’auteur, et de ses compagnons. Une histoire de survie au cœur de l’Allemagne nazie, où la force du collectif apparaît comme le dernier espoir des condamnés.