
« Le polar mène l’enquête » avec le Poulpe, père et fille
La Nuit du Poulpe
Table ronde animée par Alain Raybaud avec la participation de Jean-Christophe Lopez Responsable des éditions Moby Dick (La fille du Poulpe), Jean Marie Paris, Frank Pavloff et Maryssa Rachel.

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# Vendredi 23 mai de 18h00 à 19h15
« Le polar mène l’enquête » avec le Poulpe, père et fille
La fille du poulpe
Connaissiez-vous « Le Poulpe », personnage emblématique de la littérature noire des années 1990 ? Eh bien c’est sa « fille » (ou presque), Gabriella, qui est désormais à l’avant-scène.
Gabriella aurait passé son enfance en prison en Bolivie avant de rejoindre Paris pour poursuivre les combats de son père adoptif, Gabriel Lecouvreur, ce Poulpe que Jean-Bernard Pouy a créé en 1995 et qui a conquis toute la galaxie noire, avec des auteurs comme Didier Daeninckx et Caryl Férey, Hervé Le Tellier…
La série se concentre sur un duo : Gabriella et Gabriel. Dans ses aventures et ses enquêtes, Gabriella va entraîner Gabriel, qui acceptera plus ou moins. Le Poulpe a de l’expérience, mais il s’avère aussi parfois être une entrave plutôt qu’une aide. Mais il va s’attacher à cette fille comme si c’était la sienne, jusqu’au péril de sa vie.
Cette nouvelle série suit toujours le même cahier des charges : un auteur s’empare du personnage et de quelques éléments récurrents afin d’écrire son roman, dont le titre est un jeu de mots, de l’irrévérence dans les textes, une distance ironique et un esprit libertaire face à la marche du monde.
L’idée n’était pas seulement de rééditer des anciens titres de la série Le Poulpe, mais de proposer une nouvelle série – avec un personnage féminin – qui tourne autour des problématiques plus actuelles (altermondialiste, écologique, droits des femmes…).
Qui se cache derrière Gabriella ?
La fille du poulpe est une héroïne contemporaine, engagée, curieuse et amoureuse, qui a eu 24 ans en 2024. Ce qu’elle cherche, c’est dénicher au plus profond le désespoir et les injustices pour essayer de les gommer et faire sourire le quotidien. Comme Le Poulpe, elle s’exprime à travers de petits ou grands faits de société, qui, telle une pathologie, gangrènent le monde. Elle n’est ni flic, ni gendarme, ni femme de loi, elle est la preuve d’un monde à la dérive où elle va mener ses enquêtes. Guidée par son instinct.
Les auteurs de polar présents à Barjac
- Jean-Marie Paris pour Ferry bad trip
- Franck Pavloff pour Un trou dans la zone
- Maryssa Rachel pour Faut pas prendre les enfants de la rue pour des connards sauvages
Jean-Marie Paris
Ferry bad trip - Quand une embarcation de migrants tentant de traverser la Manche en direction de l’Angleterre fait naufrage, Chandler, militant d’Avenir 59, s’indigne de l’inaction des autorités sur le blog de Gabriella, Ecoiwia. La fille du Poulpe file aussitôt à Dunkerque, où le carnaval bat son plein, pour trouver les responsables d’un sordide trafic d’êtres humains qui exploite notamment les femmes.
Originaire de Seine-Saint-Denis, Jean-Marie Paris connaît de près les réalités du logement social et de la vie en cité, qu’il explore à travers ses romans percutants. Il est l’auteur de Le gardien ne fait pas de quartier (2023, éditions Et le bruit de ses talons) et Une balle dans le front (2007, éditions Talleyrand).
Retrouver Jean-Marie Paris pendant le festival :
- Salon de lecture dimanche 25 mai à 14h en compagnie de Maryssa Rachel.
Franck Pavloff
Un trou dans la zone - Depuis quelque temps les trottoirs de Paris sont malsains. Les toxicos sont pris pour cible et ne voient plus le jour se lever. Les autres paumés du petit matin sont priés d’aller survivre ailleurs. Mais où ? Même la province n’est plus sûre. Au coeur de l’Ardèche la chasse aux marginaux est ouverte. Les zonards se prennent la tête dans les caniveaux de la ville. Quand le Poulpe propose à Miette de l’aider à retrouver ses copains du côté d’Annonay, il ne se doute pas qu’il part en guerre contre les croisés de l’ordre nouveau.
Et que les réseaux de ces cinglés de la morale tissent un incroyable filet de haine fait pour tuer leurs proies.
Franck Pavloff, que nous présentons en article de une, est romancier, né à Nîmes et vivant aujourd’hui dans les Cévennes. Après plus de vingt ans consacrés au développement social et à la défense des droits de l’enfant en Afrique, Asie et Amérique latine, il publie en 1993 son premier roman dans la collection Série Noire (Gallimard). Il est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages, mêlant fiction, poésie, carnets de voyage et littérature jeunesse. Sa nouvelle Matin brun (1998), récit emblématique sur la montée des totalitarismes, a été vendue à plus de deux millions d’exemplaires et traduite en 25 langues. Parmi ses derniers livres parus chez Albin Michel : La nuit des enfants qui dansent, Par les soirs bleus d’été, L’Espérance est ma patrie, et L’hôtel du Rayon Vert, Prix Cabourg du roman en 2024.
Maryssa Rachel
Faut pas prendre les enfants de la rue pour des connards sauvages - Tout commence en décembre, à 2h du matin et des poussières, rue Pavé des Andouilles. Le patron du Billy Burger, est retrouvé mort la tête dans le four et les fesses à l’air. Mais ce n’est pas le meurtre en lui-même qui titille les neurones de Gabriella… Ce qui l’intéresse ce sont les affaires louches dans lesquels trempait le patron. Au début, Gabriella s’est focalisée sur les viols en série, mais ce qu’elle va découvrir dépasse la fiction.
Née en 1976 à Valence, Maryssa Rachel est écrivaine, chroniqueuse, photographe et réalisatrice de courts métrages. Elle explore, dans ses romans, la réalité du quotidien dans ce qu’elle a de plus cru, de plus troublant, de plus humain. Sa langue, brute et lucide, s’inscrit dans la lignée du dirty realism, du Kmart Realism et du néo-réalisme, nourrie par des influences comme Bukowski, Carver, Burroughs ou Fante.
Ses textes mettent en scène des héros ordinaires, souvent perturbés, en prise avec des vies marginales, des douleurs sourdes ou des silences sociaux. Elle fragmente, décompose, expose. Maryssa Rachel, c’est la voix des bas-fonds, de celles et ceux qu’on oublie ou qu’on nie.
Photographe professionnelle depuis 2010, elle partage aussi son regard à travers des expositions thématiques et des portraits centrés sur la réappropriation de l’image de soi.
Engagée pour une représentation plus juste des genres et des sexualités dans les médias, elle contribue activement à l’évolution des regards par ses prises de parole, ses projets et ses témoignages, comme dans l’émission Mes parents sont homos diffusée sur Canal+ en 2011.
Retrouver Maryssa Rachel pendant le festival :
- Salon de lecture dimanche 25 mai à 14h en compagnie de Jean Marie Paris.
Notes de lecture
Les Cols des Amériques
La Fille Du Poulpe - Tome 1
Thomas Cantaloube
Éditions Moby Dick
« Gabriella, en digne héritière du Poulpe, héritage qui n’est précédé d’aucun testament, pour reprendre le mot du poète, sent le loup lorsqu’elle découvre une dépêche annonçant la mort d’un journaliste chilien au cœur des Cévennes : "à la suite d’une chute malencontreuse".Présentant le scandale d’État sous le piteux mensonge du plumitif, la Fille du Poulpe quitte la Sainte-Scolasse, son bistrot QG parisien, et se met en route pour la Lozère. Qui a bien pu vouloir supprimer un journaliste chilien dans le département le moins peuplé de France mais dont l’altitude moyenne habitée est la plus haute ?Suivra un road movie aussi vivifiant que l’air des Causses ou du pays de Caux, sur les traces des assassins. La plume est joyeuse, Fille du Poulpe oblige, et sûre. Thomas Cantaloube est l’auteur d’une forte trilogie, Réquiem pour une République, Frakas et Mai 1967, tous trois excellents et publié chez Folio, qui explore les dessous pas toujours très chics de la République française et de ses "forces de l’ordre", secrètes, spéciales ou publiques.À lire sourire aux lèvres, celui que procure les ténébreuses lumières que l’on trouve encore chez les écrivains qui arpentent méthodiquement les chemins noirs de l’histoire et les sentiers caillouteux des réserves de ciel étoilés ».
E. M. Tosolini
Ferry bad trip
La Fille Du Poulpe - Tome 8
Jean-Marie Paris
Éditions Moby Dick
« Ferry Bad Trip parlera au cœur et pas seulement à celui des heureux fêlés qui ont un jour de carnaval divagué dans les rues de Dunkerque et retrouvé leurs esprits au petit matin, hareng en poche, sur la plage de Malo-les-Bains. Car la Manche est devenue un cimetière pour les migrants et sa traversée vers Albion, un business puant pour les passeurs.Touché coulé. Jean-Marie Paris nous régale avec cette 8ème aventure de la fille du Poulpe. Gabriella, toujours à l’affût d’un lièvre depuis son café vigie de Sainte-Scolasse, Paris 11ème, s’est lancée à toute berzingue avec le side-car de son dernier amour, sur la piste d’un passeur violeur.C’est glaçant, rude et malodorant, mais la fin est jubilatoire. Justice et fête. Le Nord restera une terre de folie douce. La Manche, mer indifférente et froide, ne dédaignera pas d’engloutir un dernier corps avant la prochaine marée et les bénévoles œuvrant dans les dunes et ailleurs seront toujours des géants. »
E. M. Tosolini